Demba BA chef du village de Niarwal

 

 

L’année dernière (en 2011), lors de notre voyage au Sénégal, nous avions fait la rencontre d’Arlette à Dakar. Voyageuse au grand cœur, elle passe la moitié de l’année sur le continent noir, en particulier au Sénégal et au Burkina Faso où elle vadrouille avec son sac sur le dos dans des familles qu’elle connaît depuis longtemps et pour lesquelles elle a tissé des liens forts.

Après avoir rapidement sympathisé et partager notre vision commune du voyage, de l’Afrique et du milieu associatif, nous la retrouverons à Bakel et l’inviterons à passer la journée avec nous au dispensaire de Gawdé Bofé.

 

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Cette année, David et Abù l’ont retrouvé à leur arrivée à Dakar, elle a fait généreusement don de 52 paires de lunettes de vue pour les anciens et les anciennes du village, ce qui s’ajoute à celles que les membres de Takoro Dunia nous avaient donné. C’est ainsi q ' une soixantaine de lunettes qui ont pu être distribué par David, Abù et Benoit l’infirmier.

 

Essais des lunettes avec l'infirmier Benoit DIOP

 

Dans ces villages où tout le monde se connaît et où la parole ne s’arrête jamais, le bouche à oreille fonctionne à merveille. De nombreuses personnes âgées originaires des villages de Gawdé Bofé, Gawdé Wambabé, Bonji, Alana, Niarwal et Kawal (à chaque fois qu’un don est fait au dispensaire, ce don polarise les 12 villages qui dépendent du centre de santé de Gawdé Bofé) sont venus naturellement essayer les lunettes et choisir la paire qui leur convenait le mieux. Ces lunettes sont rapidement parties et malgré que le stock soit épuisé, jusqu’à aujourd’hui des gens viennent voir s’ils peuvent obtenir une paire.

 

Abù Ndiadé s'occupe de faire es sayer les lunettes aux vieux

 

Ici, au Sénégal, la grande majorité des vieux ont des problèmes de vue, et dans les régions isolées comme la Région de Matam où se situe le village de Gawdé Bofé, le manque de moyens des villageois fait que l’accès aux soins reste difficile et les yeux ne sont que rarement consultés et soignés.

 

Essais des lunettes

 

Pour information, l’hôpital le plus proche où l’on peut consulter et opérer les yeux est à Ourossogui et se situe à 4 heures de route du village. Sans compter que personne ne possède de voiture, il faut donc prendre des mini-bus dont le confort pour une personne âgée reste très médiocre (et le mot est faible !) vu l’état de la route. Il faut ensuite soit payer la chambre d’hôpital à la journée, soit trouver une famille non loin qui puisse héberger. C’est entre autre, les problèmes qui contraignent les anciens à rester sans soins au village.

 

Lecture pour tester les verres

 

Les lunettes sont aussi très chers comparé au niveau de vie des habitants. On trouve des lunettes fabriquées par les Chinois sur les étalages des marchands ambulants à un prix dérisoire de 2 euros, mais autant dire que la qualité est très mauvaise. Les véritables lunettes des opticiens coûtent environ 150 euros ce qui correspond approximativement au salaire mensuel d’un instituteur au Sénégal.

 

On essaye les lunettes !

 

Tout ça pour finir par dire que si vous retrouvez chez vous des lunettes de vue en bon état où si vous avez des contacts d’opticiens qui pourraient faire don de quelques paires, nous sommes toujours preneurs, n’hésitez pas à nous contacter !

 

Le chef du village de Gawdé Bofé vie nt chercher une paire de lunettes

 

 

Février - Mars 2012 

Gawdé Bofé – Région de Matam – République du Sénégal

 

Par Abù Ndiadé et David Dupuy