Message de David , qui se trouve actuellement sur place ... 

 

Le grillage pour le jardin des femmes - Février 2012

 

Depuis que nous sommes arrivés au village de Gawdé Bofé en 2008, les femmes nous parlaient de l’importance et de leur volonté de clôturer leur jardin communautaire.

En effet, dans ce milieu semi-désertique d’éleveurs nomades, les vaches, les chèvres et les moutons se promènent toute la journée en liberté pour chercher de quoi manger. Bien souvent, elles passent à travers les champs des agriculteurs qui n’ont pour clôture que quelques bois et broussailles épineuses.

 

La cloture en bois du jardin des femmes - Février 2012_1

 

Les animaux écrasent tout sur leur passage, surtout le maïs et le niébé (haricots) indispensables pour les repas quotidiens des familles. Il n’est pas rare dans la région d’entendre parler de problèmes entre les éleveurs et les agriculteurs et parfois même de voir la gendarmerie se déplacer pour régler ce problème si difficile à résoudre.

 

Les Femmes travaillent au jardin - Février 2012

 

Les femmes de Gawdé Bofé ont elles aussi un jardin potager où elles cultivent des salades, des tomates, des carottes, de la menthe fraîche pour le thé, des patates, du bissap, des pastèques, des courges … et bien d’autres légumes. C’est un jardin semi-communautaire : toutes les femmes du village, constituées en association, cotisent chaque mois ce qui leur permet de monter certain projet et d’aider les femmes les plus démunis. Ainsi cette année, avec cet argent elles ont pu payer quelqu’un pour aller couper du bois et monter une clôture pour leur jardin. Elles ont relancé leur activité de jardinage que depuis quelques années elles avaient laissé à cause du bétail. Une ONG leur a donné des semences, et aujourd’hui chaque famille du village a une petite parcelle de terre qu’elle cultive dans le jardin. Ensuite, elles peuvent vendre dans le village et/ou consommer dans leur propre famille.

 

Benoit DIOP l'infirmier de Gawdé visite le jardin des Femmes - Février 2012_1

 

A la date d’aujourd’hui, février 2012, les légumes poussent et nous commençons tout juste à manger les salades, à faire le thé avec la menthe, et les pastèques que nous attendons avec impatience ne devraient pas tarder à venir.

Les femmes sont plus que motivées, elles commencent à tirer des bénéfices de leur travail et cela leur donne beaucoup de courage et l’envie de continuer encore plus loin. Mais il est difficile de travailler autant et de voir son travail s’effondrer à cause des bêtes, ce qui pourrait être la cause de l’abandon de leur projet.

 

 Réunion association des Femmes de Gawdé Bof é - 19 Janvier 2012 à Gawdé Bo_1

 

En accord avec l’association des femmes du village « Feede Rewbe Kawral Gawdé Bofé », l’association « Takoro Dunia » , l’association « Les Ateliers du Vau » et la médiathèque Jean Carmet de Murs Erigné ont décidé de participer au financement d’un grillage pour clôturer la totalité du jardin. Celui-ci mesure 225 mètres, nous décidons tous ensemble de prendre 250 mètres de grillage pour être sur qu’il puisse recouvrir la totalité du jardin. Nous contactons alors un commerçant Mauritanien qui nous donne son prix : 25.000 cfa les 25 mètres (environ 40 euros) soit 250.000 cfa les 250 mètres (380 euros).

Chacun met alors sa part. Takoro Dunia apporte 131.000 cfa (200 euros), Les Ateliers du Vau et la médiathèque Jean Carmet de Murs Erigné  ajoute 65.000 cfa (100 euros), un donateur offre 35.000 cfa (50 euros) puis l’association des Femmes complète le tout avec 19.000 cfa (30 euros).

 

Le retour vers Gawdé Bofé 1 - Février 2012_1

 

Nous commandons le grillage et deux jours après nous nous rendons en charrette sur les bords du fleuve dans le village de Gandé à plus de 20 km de Gawdé Bofé. En voyant le grillage, nous sommes très content car c’est exactement ce que nous voulions. Il existe plusieurs types de grillage, blanc ou rouge selon la qualité, le blanc étant la meilleure qualité, et c’est ce que nous ramènerons à Gawdé pour les femmes.

 

Le bureau de l'association des femmes de Gawdé Bofé avec Abù Ndiadé - Février 2012_1

 

Le lendemain, le 12 Février 2012, nous présentons le grillage à l’association des femmes du village. Elles dansent et applaudissent à la vue du matériel et toutes sont très contentes. Chacun s’encourage à poursuivre les efforts en direction du potager. Abù Ndiadé, président de l’association des jeunes du village, qui anime la réunion explique que « tout travail mérite récompense et que si chacun d’entre nous continuons peut-être qu’un jour nous aurons l’occasion d’avoir un puit à l’intérieur du jardin, une pompe à eau ou un système de goutte à goutte, peut-être même un moyen de transport pour vendre lors des marchés hebdomadaires à l’extérieur du village. L’important est de travailler ensemble et de ne pas se décourager, tout le mérite est pour vous les femmes car ce sont vous qui les premières avez planté les semences. »

 

Système de canalisation du puit vers le jardin des femmes - Février 2012_1

 

Le grillage est maintenant stocké dans le dispensaire du village en attendant la prochaine saison car maintenant le sol va devenir très sec et après la prochaine récolte plus rien ne poussera. Elles aimeraient d’ici-là trouver les fonds nécessaires à l’achat de ciment pour mettre des poteaux solides afin de bien fixer la clôture.

 

Le 18 Février 2012

Gawdé Bofé – Région de Matam – République du Sénégal

 

Par Abù Ndiadé et David Dupuy